Je croyais avoir muri, gagné de la hauteur. Je pensais avoir réussi à m'extirper d'une série de souhaits et de regrets pour vivre ce qui était sous mon nez, dans mes bras. J'espérais les démons cachés dans les placards, la clé tournée à double tour.
Et puis le diable est revenu me mordre la main pendant que je somnolais. Par innocence, naïveté, j'ai cru à une douce plaisanterie, un pied-de-nez du sort. Alors j'ai souris. J'ai ris, même. J'ai feins d'ignorer. Mais la froideur de la perfidie grignote ma patience et cette colère que je croyais endormie se réveille comme le vent gaspésien en octobre.
Il a fallut qu'elle soit gourde, celle que mon frère a épousée. Gourde, godiche, givrée. Ressortir les vieux dossiers de derrière les fauteuils en cuir, dépoussiérer les drames pour redevenir le centre de l'attention, une fois sèche l'encre des photos de son mariage. Et de la manière la plus vile qui soit : profiter que ma messagerie gmail soit accessible depuis l'ordi parental pour fouiller des heures dans ma correspondance électronique, pour m'accuser de tous les maux et de tous les mots.
Ma sérénité en prend un coup sérieux. J'ai envie de vomir.


